• Chapitre 2 : Le devoir (Sirius)

    Sirius sauta sur un arbre de la cour en observant l'horizon. Le vent secouant ses moustaches et sa fourrure. Un vent agréable et doux. Le printemps : il l'avait attendu bien longtemps.

    Le roi Roland, son propre père, rentrait par l'unique porte des murailles de la citadelle : celle donnant sur la ville en contrebas. Il était accompagné d'une suite d'une dizaines d'hommes et regardait droit devant lui : il ne remarqua pas Sirius perché sur son arbre. En revanche Sirius, lui, remarqua son père. Il se crispa et pria dans sa tête pour que celui ci ne le voit pas.

    La royale troupe passa à côté de l'arbre sans s'arrêter et traversa ainsi tout la première courtine jusqu'aux portes du palais, où la porte leur fut ouverte sans tarder par les gardes en faction.

    Sirius descendit de son arbre et passa par un passage derrière le château : pour faire en sorte que son père ne voit pas qu'il était sorti en son absence. Depuis la mort de sa mère, il n'y avait personne d'autre pour gouverner en l'absence de son père.

    Le prince se rendit à la salle du trône pour faire bonne mesure. Il entra sans vraiment d'émotion sur le visage.

    - Bonjour père...

    Le roi était en pleine discussion avec l'intendant du palais, il et ne tourna la tête vers son fils que lorsque le prince eut prit la parole.

    - Sirius... Où étais-tu passé ? Personne ne savait où te trouver. Ne me dis pas que tu es encore sortit en ville sans en parler à personne ?!

    - Non père...j'étais...dans...dans ma chambre... voilà tout.

    Bégaya le jeune prince sans vraiment savoir quoi inventer.

    - Hum...

    Le roi n'avait pas du tout l'air de le croire, mais un toussotement de son interlocuteur détourna son attention.

    - Nous règlerons cette affaire plus tard, ne penses pas t'en sortir à si bon compte, déclara-t-il simplement pour mettre fin à la conversation.

    -Oui...

    Il se tourna et marcha à grande vitesse vers la sortie.

    Il en avait marre de l'air de la citadelle. Il voulait sortir en ville. En le voyant passer, les gardes postés à l'entrée l'interpelèrent :

    - Halte ! Où allez-vous ainsi messire ?!

    Sirius soupira intérieurement et répondit :

    -En ville...

    - Je suis désolé, répondit l'un d'entre eux, mais votre père nous a donné pour consigne de ne pas vous laisser sortir seul.

    - Alors venez avec moi ! Lança-t'il , sur un ton faussement enjoué. Il comptait bien les semer dans la foule un fois en ville.

    - Nous n'avons pas le droit, messire. Nous sommes de garde aux porte de la citadelle.

    Sirius se retourna furieux. Il se dirigea vers un endroit ou personne ne pourrait le voir et commença à escalader les remparts...

    ***

     

    Sirius était sorti du château et se promenant dans la Grand'Rue , il repensa à la mort de sa mère. Depuis cet événement tragique son père n'était pas très très attentif et le laissait souvent de côté.

    Certain passants le regardaient de travers ou avec curiosité, mais aucun ne s'attarda plus sur lui. Il y avait foule ce jour là dans la Grand'Rue : c'était jour de marché, et, avec le retour du printemps, la bonne humeur se faisait ressentir dans la joyeuse activité de la ville. Le jeune félin sauta sur un muret et y resta assis. Il attendit que quelqu'un viennent lui parler.

    Il se passa quelque temps avant que cela n'arrive. Finalement, c'est un rat qui le héla :

    - Holà messire ! Vous voici bien haut perché ! Vous n'avez donc aucun devoir qui vous attende au donjon ?

    Le rodentien, en dépit des préjugés qu'on pouvait avoir pour ce peuple, était vêtus d'habits de belle coupe, et portait même une petite fleur en guise de broche qui brillait au soleil du matin comme une pierre précieuse.

    -Bonjour monsieur , a vrai dire , je ne devrai pas dire ça , mais... cela m’ennuie. Alors je me promène , ou je me pose pour réfléchir.

    Répondit le prince en le saluant.

    Le rat eut un petit sourire. Le manque d'intérêt du prince pour sa fonction était célèbre à la capitale, et il avait bien reconnu le jeune Sirius.

    - Si je puis me permettre, votre père n'appréciera guère.

    -Et , sans vouloir vous offenser,  je me fiche de son avis... 

    Lança Sirius inconsciemment. 

    Le rat secoua la tête, sans se départir de son sourire.

    - Pourtant, vous devriez y prêter plus d'attention. Mon but n'est pas de me montrer désagréable, vous vous en doutez bien. Mais allons ! Je ne suis pas mauvais bougre : je ne dirais rien au roi. Malgré ça, je suis à peu près certain qu'il sera au courant de votre escapade, vous ne vous cachez guère.

    Sirius ricana : 

    -Ah ! Ça oui qu'il le saura ! Mais ce ne serait pas la première fois.

     - Vous ne donnez donc pas la moindre importance à vos fonctions ? Que ferez vous le jour où vous monterez sur le trône ?

    Sirius n'avait pas réfléchi à ça.

    -Prions pour que ce jour n'arrive jamais.

    Au fond il savait que cela arriverai forcément à moins qu'il ne meure avant.

    - Pour ma part, je prierais plutôt pour qu'il arrive un jour. Pas tout de suite, mais dans un futur suffisamment lointain pour que vous y soyez préparé. Si votre père vous survivait...

    Le rat ne termina pas sa phrase. La suite était très explicite pour qui avait un minimum de jugeote : Si Sirius ne montait jamais sur le trône, c'est que son père lui aura survécu. Soit un quelconque maléfice serait à l'ouvrage, soit le jeune prince aurait été victime d'un coup du sort.

    - C'est ça , je vais prier pour que ce jour arrive dans assez longtemps, dit-il avec un sourire. Si je ne me fait pas assassiner avant.

    - Quelle idée, voyons ! Peut-être que si vous restiez dans la sécurité de la citadelle, il y aurait moins de risques tout de même.

    - Sauf que là-bas je me sens emprisonner... Confia le prince.

    - Emprisonné et en vie. Si vous connaissiez le nombre d'habitants prêts à tuer ne serait-ce que pour vos bottes dans les quartiers un peu moins fréquentables...

    Jugeant ces paroles un peu osées face au prince héritier, le rat ajouta moins durement :

    - ... Du moins si ils pouvaient être assez rapide pour attraper "Patte-Agile".

    - Humm , vous avez raison , mais je ne changerai pas d'avis. Répliqua Sirius.

    - Vous avez raison de vous méfier de la cour, mais il faut apprendre à faire confiance aux bonnes personnes. En tant que prince, vous devez être conseillés, mais pas par n'importe qui.

    Le rodentien élargit son sourire en penchant légèrement la tête sur le côté.

    -Vous pourrez me conseillez , puisque c'est vous qui me le proposer... 

    Dit-il sans but commun.

    - Je pourrais le faire avec plaisir, mon prince, tant que je serais à la capitale. Et j'y suis assez fréquemment ces derniers temps.

    Sans le montrer, le rat était ravi : c'était justement la réponse qu'il espérait.

    -Bien , je vous nomme conseiller du prince , alors... Je pense que mon père sera d'accord. Dit-il en regardant autour de lui.

    - Ce serait un honneur.

    Le rat fit une rapide et élégante courbette.

    - J'en informerai mon père se soir , quand je rentrerais... Et demain je reviendrai ici vous donner sa réponse. Dit-il , en se levant.

    - Inutile messire : je bénéficie déjà de l'hospitalité de votre père, avec d'agréables appartements dans votre citadelle.

    -Oh , parfait... Répondit Sirius.

    - Que diriez-vous de rentrer à la citadelle ? A moins que vous n'ayez en tête de rester encore quelques temps en ville ?

    Comme si il avait eu un "flash" , le jeune prince lança à l'attention de Mercurio :

    - Je devrais rentrer... Avant que mon père ne se rende compte que je suis parti , ce qui est peu probable. Où devrais-je dire NOUS devrons rentrer.

    - Bonne initiative mon prince. Un bon début pour votre vie de futur roi.

    Après un bref regard pour ce qui l'entourait (par réflexe plus que par nécessité), le rat se tourna vers le nord : la longue et pratiquement rectiligne avenue principale s'y étendait, surplombée par l'imposante citadelle. Sirius se leva et parti en direction de sa "maison". Il savait que son père savait qu'il était parti, mais il s'en fichait pas mal : il avait la mauvaise habitude de sortir quand il voulait sans prévenir et son père le savait, tant qu'il ne le faisait pas suivre, tout ira pour le mieux...


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